Rassemblement contre la loi ELAN, mercredi 19 septembre devant le Sénat

Cet appel est paru le 13 septembre sur le site de squat!net.

 

Dans son ELAN, la République (en) marche sur la gueule des pauvres.

 

Le projet de loi ELAN (Évolution du logement et aménagement numérique) vise à réformer le droit immobilier. Il a été présenté au Conseil des ministres en avril 2018, discuté à l’Assemblée nationale et au Sénat depuis.

 

Il présente plusieurs mesures anti-pauvres, dont une est particulièrement horrible: l’article 58 ter.

 

Cet amendement a été ajouté par la droite LR (Les Républicains), il est spécifiquement anti-squat et vise, en termes juridiques, à mettre au même niveau l’occupation de logements vides (laissés à l’abandon depuis plusieurs mois, parfois depuis des années) et la violation de domicile (c’est-à-dire l’introduction dans un logement où des personnes habitent), celle-ci étant réprimée aujourd’hui par une expulsion immédiate sans jugement et une condamnation allant jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende.

 

Pour l’instant, les juges doivent décider des éventuels délais avant expulsion pour les squatteur-euse-s entré-e-s dans des lieux laissés vides par leurs propriétaires, mais pas d’illusion, la loi est très claire: le droit de propriété passe avant le droit au logement. L’expulsion est systématiquement décidée par les juges.

 

Jusqu’à maintenant, le squat n’est pas pénalisé. Il n’est pas supposé mener en prison, et constitue une solution de secours pour des gens qui sans ça seraient à la rue (faut-il rappeler que selon la Fondation Abbé Pierre il y a en France plus de quatre millions de personnes mal-logées ?).

 

En mettant au même niveau l’occupation de bâtiments vides et abandonnés et la violation de domicile, ce projet de loi chercher à punir celles et ceux qui sont dans une impasse économique et sociale. Et en ne faisant plus la part des choses entre des pratiques d’occupation qui n’ont pas grand-chose à voir entre elles, on peut se demander si les parlementaires veulent inciter à ce que les squatteur-euse-s ne fassent pas la part des choses non plus… Effectivement, si s’installer dans un domicile meublé avec tout le confort, contrats d’eau et d’élec’ en cours, n’est pas moins risqué pénalement que d’occuper un bâtiment vide et laissé à l’abandon, alors quoi ?… Messieurs-dames les députés et sénateurs, sénatrices, on va occuper vos domiciles principaux ! C’est ça que vous voulez ?

 

Cette proposition de loi est insensée. Ce qu’elle provoquerait si elle était appliquée, c’est encore plus de logements vides, et encore plus de gens à la rue. Sachant que dans ce pays il y a déjà plus de logements vides que de gens à la rue, qui nous expliquera le bon sens de cette proposition de loi ?

 

Si on suit bien leur logique, cette loi devrait mener beaucoup plus de gens en prison, alors que les taules sont déjà surpeuplées. Mais on tentera sûrement de nous rassurer en nous disant que des projets de construction de nouvelles prisons arrivent tout bientôt… Intéressant projet que celui de mettre des pauvres à la rue, puis en prison simplement pour avoir essayé de dormir sous un toit.

 

Le 19 septembre, une commission mixte paritaire (composée de sept sénateurs et sept députés) se réunira au Sénat, à Paris, dans le but d’éviter un nouveau passage du texte devant l’Assemblée et donc d’accélérer la mise en application de la loi ELAN, et potentiellement de l’article 58 ter.

 

La République En Marche et Les Républicains semblent avoir en commun la haine des pauvres et l’amour des inégalités sociales. Les politicien-ne-s en général, députés, sénateurs et autres, ne font pas partie de celles et ceux qui galèrent pour se loger. La plupart d’entre eux partagent le privilège de posséder chacun-e plusieurs logements, tandis que nous autres n’en possédons aucun. Si nous ne squattons pas, nous devons nous ruiner pour nous loger, et remplir un peu plus les poches de gens qui ont déjà beaucoup plus d’argent que nous. C’est la logique du capitalisme, y compris dans un « État social » comme la France. Alors que les politicien-ne-s, bourgeois-es de leur état, protègent leurs privilèges, ce n’est guère étonnant.

 

Mais quand même… La majorité LREM (La République En Marche) va-t-elle se soumettre aux desiderata de l’opposition de droite LR en faisant appliquer leur article 58 ter ? La suite, au prochain épisode…

 

La loi ELAN est une raison supplémentaire de se révolter et de vouloir en finir avec ce système capitaliste qui détruit la planète et bousille nos vies.

 

Non à l’article 58 ter, non à la loi ELAN dans sa totalité, non à la justice de classe !

 

RASSEMBLEMENT CONTRE LA LOI ELAN
MERCREDI 19 SEPTEMBRE 2018, À 12H30
DEVANT LE SENAT, EN HAUT DE LA RUE DE TOURNON, PARIS VIe
MÉTRO ODÉON OU RER LUXEMBOURG

 

(On restera jusqu’à la fin de la « commission mixte paritaire », qui peut durer plusieurs heures…)

 

Septembre 2018
Des squatteur-euse-s et des galérien-ne-s du logement de Paris-banlieue
Contact: personne@@@squat.net

 

Post-scriptum: ce texte est focalisé sur l’aspect anti-squat du projet de loi ELAN, mais la loi ELAN dans son ensemble présente d’autres points critiquables et problématiques, notamment l’article 40 bis qui permet la résiliation du bail de plein droit, et donc possiblement l’expulsion de toute une famille locataire, lorsque l’un-e des habitant-e-s d’un logement a été condamné-e pour usage ou trafic de stupéfiants. Pour plus d’infos, voir le texte du DAL38.

 

Enfin, d’autres mobilisations auront lieu ces prochains jours contre la loi ELAN :

15/19 : Angers

18/09 : LilleGrenobleMontpellierRodezToulouseBordeauxLimogesNantesRennes

 

[Télécharger le tract en PDF pour recto-verso A5.]
Manif 19 septembre 2018 - Recto

 

Manif 19 septembre 2018 - Verso

Loi anti pauvres, anti squat et anti logement : STOP à la loi ELAN !

Pour manifester contre la loi ELAN et la criminalisation des squats,
RDV le samedi 1er septembre à 15h à la sortie du métro Saint Jacques !

 

Dans le cadre de la loi logement ELAN, qui contient de nombreuses mesures « anti-pauvres » le Sénat a voté la criminalisation des occupants sans titre des « locaux à usage d’habitation » (squatters, locataires et sous locataires non déclarés, victimes de marchands de sommeil…)

 

Le sénat a surfé sur un mythe démagogique : celui qui veut faire croire à une armée de squatteurs qui menacerait les propriétaires vacanciers ou hospitalisés. Dans ces hypothèses, la loi permet déjà, et depuis longtemps, l’éviction quasi immédiate du domicile d’autrui.

Les nouvelles facultés d’expulsion s’attaqueront à d’autres : celles et ceux qui, pour se mettre à l’abri, vivre sous un toit et maintenir leur dignité, s’installent dans des locaux vacants, parfois vides depuis plusieurs années. Ces immeubles vides ne sont le « logement » de personne, pas même du propriétaire en titre, mais ils deviendraient plus protégés que le droit de chacun de ne pas être à la rue. Expulsables sans jugement, ni délai, les occupants seraient aussi passibles d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende.

 

D’autres précaires seront emportés au passage : les personnes logées ou hébergées par des propriétaire sans scrupule ou des marchands de sommeil qui, sans contrat, ne pourront jamais prouver leur bonne foi.

 

La France compte 3 millions de logements vacants et la loi de réquisition reste inappliquée. Le nombre de sans abri, d’expulsions sans relogement ou de demandeurs HLM atteint des records historiques. Alors que les loyers continuent à augmenter, les APL sont réduites et les aides à la construction de HLM sont supprimées.

 

De plus en l’état des débats, la loi ELAN précarise durement les locataires du privé, aggrave l’accès au logement des personnes en situation de handicap, rétablit les sanctions financières contre les locataires, autorise la destruction sans jugement des maisons dans les quartiers informels en Guyane et à Mayotte. Elle permet d’expulser plus rapidement les familles endettées les moins riches ou lorsque l’un de ses membres consomme des stupéfiants, elle marchandise le logement social et vient servir la vénalité des spéculateurs et les intérêts des investisseurs et des grands propriétaires …

 

La loi ELAN pourrait être définitivement adoptée dès septembre, il y a urgence !

 

Nous demandons le retrait, dans la loi ELAN :

  • de l’articles 58 ter (anti squat) qui piétine le combat centenaire des mal logés, des associations, de l’Abbé Pierre et de nombreuses personnalités,
  • de toutes les mesures anti-pauvres ou qui aggravent la crise du logement …

Premiers signataires : DAL, Sortir du Silence, Syndicat de la Magistrature, United Migrants, Union Syndicale Solidaires…

Criminalisation des squats : la loi Élan nous trompe énormément

Quelques éléments pour mieux comprendre pourquoi les discussions en cours sur la loi Elan concernent de près les squatteuses et les squatteurs.

 

Article publié le 11 juillet 2018 sur Paris-Luttes.Info

 

Le projet de loi sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique, dite « Loi Elan », est en discussion au Sénat ce mois de juillet. Ce savoureux texte contient de nombreuses évolutions contre lesquelles il serait utile et nécessaire de se mobiliser. Parmi elles, un élément passé inaperçu devrait faire bondir tous les squatteurs et squatteuses.

 

La Fondation Abbé Pierre a mené l’enquête et rédigé en juin 2018 une note instructive qui retrace la galerie des horreurs des différentes tentatives de criminaliser le squat ces dernières années. Extrait de l’introduction :

Les récents débats parlementaires, dans le cadre du projet de loi ELAN, autour de onze amendements proposés par divers députés, visant à modifier la législation relative à l’occupation sans titre de la propriété d’autrui, témoignent d’une volonté de mettre à mal des avancées obtenues en matière de lutte contre le mal-logement. 
Ces amendements […] qui s’inscrivent dans la lignée de plusieurs propositions de loi sur le même sujet, proposent, entre autre, d’élargir la notion de violation de domicile, déjà lourdement sanctionnée, pour aller vers une pénalisation de l’occupation de la propriété immobilière d’autrui. 
Alors qu’un arsenal juridique complet est déjà à disposition des propriétaires souhaitant récupérer la jouissance de leur bien, certains députés n’hésitent pas à instrumentaliser des faits divers marginaux pour proposer des textes qui contreviendraient dangereusement aux droits et libertés constitutionnellement garantis.

Regardons maintenant de plus près, dans le texte actuellement débattu au Sénat, l’amendement n°567 dit « amendement Daubresse » – du nom de ce charmant député qui mène depuis plusieurs années une guerre personnelle contre les squats. 
Il propose de remplacer en toute discrétion dans un article du Code Pénal et dans un autre de la loi DALO le mot « domicile » par « local d’habitation » [détail ici].

 

Un changement anodin ? Certainement pas ! Un ami féru de droit nous aide à y voir plus clair. 
Un « domicile » est une notion juridique relativement précise. Il s’agit soit d’une résidence, qu’elle soit principale ou occasionnelle, soit de locaux d’entreprise s’ils sont encore occupés, même ponctuellement [*]. En revanche, un « local », cela décrit à peu près tout et n’importe quoi, et même un lieu non couvert comme un terrain.

 

Grâce à ce subtil tour de passe-passe linguistico-juridique, squatter une friche ou un bâtiment laissé vacant depuis des années à des fins de spéculation immobilière pourrait être sanctionné pénalement de la même manière que s’introduire dans l’appartement d’un.e de vos potes : un an d’emprisonnement, et 15 000 euros d’amende.

 

Alors à vos pieds de biche !

 

[*] Et oui, contrairement à ce que l’on pense souvent, la violation de domicile concerne aussi les locaux d’entreprise encore en activité. Pour ne donner qu’un exemple médiatique, 9 militant.es de Greenpeace avaient ainsi été mis en examen pour violation de domicile après avoir pénétré au sein d’une centrale nucléaire… https://www.greenpeace.fr/nucleaire-merci/

Occuper un bâtiment vacant ne doit pas devenir un délit pénal

A l’heure ou sous le prétexte d’une remise a plat des lois relatives aux logements, une partie des parlementaires et le gouvernement veulent légiférer sur le « problème des squats », il nous apparaît important de mettre les choses au clair tant sur la réglementation existante que sur les avantages pour la société de ce mode d’habitation.

 

Cette tribune a été publiée le 9 juillet 2018 sur Mediapart.

 

Il existe des milliers de mètres carrés de logements vacants, et pourtant des personnes, au moins 140 000, n’ont d’autres choix que de vivre dans les rues. Certaines s’introduisent dans des bâtiments vacants ou des terrains inoccupés pour se mettre à l’abri.

 

Dans le cadre du vote de la loi Elan, différents amendements et propositions de loi proposent, entre autres, d’élargir la notion de violation de domicile, déjà lourdement sanctionnée, pour aller vers une pénalisation de l’occupation de la propriété immobilière d’autrui. Alors qu’un arsenal juridique complet est déjà à disposition des propriétaires souhaitant récupérer la jouissance de leur bien, certains parlementaires n’hésitent pas à instrumentaliser des faits divers marginaux pour proposer des textes qui contreviendraient dangereusement aux droits et libertés constitutionnellement garantis, en particulier le droit au logement. Soyons clairs, certains veulent faire croire qu’un squatteur peut faire irruption dans votre salon, vous voler la télécommande et s’installer chez vous. C’est totalement faux. Le droit actuel se trouve être très protecteur face à la violation de domicile. Cette fake news vise uniquement à pénaliser la majorité des occupations qui se font dans des bâtiments ou terrains désespérément vacants, souvent pour de tristes raisons spéculatives.

 

Se mettre à l’abri, mettre à l’abri les siens, sa famille, ses enfants, dans un bâtiment vacant, un terrain inoccupé, ne doit être considéré comme un délit pénal. Il en va du respect de la dignité humain.

 

Le réseau Intersquat de Paris Île-de-France rassemble 23 lieux, squat ou ancien squat ayant obtenu une convention d’occupation précaire, et bien d’autres existent également en-dehors de ce réseau. Ces lieux répondent avant tout à l’urgence et permettent à de nombreuses personnes précaires de disposer d’un toit. Selon une étude réalisée dans 30 squats par Médecins du Monde, l’hébergement dans ces lieux représentent plus de 200 000 nuitées par an. Et il n’est pas rare que les services sociaux, devant la saturation des dispositifs d’hébergement, orientent des personnes vers nos lieux de façon informelle.

 

Au-delà de l’hébergement d’urgence, il est utile de rappeler ici d’autres impacts positifs que ces espaces amènent dans les quartiers où ils se situent : soutien au secteur de la création, événements culturels accessibles à tous, actions locales (ateliers de réparation de vélo, coiffeur à prix libre, shiatsu, écrivain public, accès au droit, distributions alimentaires d’invendus et AMAP, jardinage…), pratique sportive populaire (boxe, danse…) ou encore sensibilisation aux enjeux environnementaux (jardinage, agriculture urbaine, réemploi…). À cette liste, il faut rajouter la richesse des échanges tissés, que ce soit de manière informelle ou dans le cadre de projets, par la diversité des personnes qui les fréquentent. Enfin, ces lieux peuvent être créateurs d’emplois : ainsi, la Petite Rockette, ancien squat devenu ressourcerie, emploie désormais plus de 20 personnes.

 

Plutôt que de pénaliser des personnes qui tentent simplement de s’en sortir face à la violence de la société française actuelle, il serait judicieux de trouver les moyens de mettre un terme au vrai scandale : celui de bâtiments laissés volontairement vides alors que des personnes meurent dans la rue.  Pour cela, le réseau Intersquat Paris vous interpelle aujourd’hui : attention à ne pas légiférer à la hâte par effet d’aubaine politique, car cela aura des conséquences humaines et sociales dramatiques.

 

Dans tous les cas nous le disons haut et fort : les squats ne sont pas ce que vous croyez. Et pour vous en rendre compte par vous-même, venez visiter un de nos lieux. Vous risquez d’être surpris !

 

L’article 226-4 du code pénal punit l’introduction dans le domicile d’autrui à l’aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte, ainsi que le maintien dans le domicile qui peut suivre. Lorsque ces faits sont constatés de manière flagrante au sens de l’article 53 du code de procédure pénale, l’évacuation forcée est possible, permettant l’arrestation des auteurs de l’infraction ; l’occupant légitime peut ainsi récupérer l’usage de son domicile.

L’Appel du FOU !

> English version here

 

Afin de célébrer le dixième anniversaire du Festival des Ouvertures Utiles, le FOU, le réseau Intersquat Paris vous invite pour un rassemblement international du 4 au 10 juin. Une opportunité de se retrouver entre squatteureuses du monde entier pour un grand festival autogéré.

 

Le FOU est habituellement un événement assez artistique, durant lequel la plupart des squats du réseau ouvrent leurs portes et organisent tour à tour des événements. Pour les dix ans, nous nous organisons différemment. En raison de l’état actuel du monde, nous aimerions axer la convergence de cette année sur la lutte anti-capitalisme et la lutte contre les mécanismes d’oppressions. Nous souhaitons également mettre en lumière différents actes de résistance, et mettre en pratique les changements que nous défendons afin de lutter contre un système dépassé et toxique.

 

Le festival durera une semaine et incluera un programme d’expositions, des tables rondes, des discussions et des présentations, ainsi que des projections, concerts, performances.

 

Ceci est un appel à nous rejoindre et à prendre une part active dans l’organisation du FOU et dans la mise en place d’un réseau international. Nous désirons ouvrir un espace libre où l’échange, la parole, l’apprentissage, seraient possibles dans le plus grand respect. Afin d’en apprendre plus sur les squats, en France, en Europe, dans le monde, de partager nos expériences, nos luttes, nos problématiques, nos méthodes de résistance… Bref, l’intelligence collective au service du combat pour un monde meilleur.

 

Vous êtes chaleureusement invités à nous contacter par email à progfou18@riseup.net. Nous sommes ouvert-e-s à toutes vos propositions, suggestions, envies, que vous voudriez inclure au programme du FOU. Durant la semaine du festival, des espaces libres seront également prévus, pour des temps d’improvisations spontanées.

 

Camarades et ami-e-s sont bienvenu-e-s, afin de venir nous aider à préparer le festival, s’installer en amont, célébrer ensemble cette semaine de partage et de lutte, et pourquoi pas demeurer avec nous pour continuer le combat. Il est tout à fait possible de s’organiser afin de permettre à des participants venus de loin de rester sur place. Et rappelez vous… Plus il y a de FOU, plus on rit !

 

FOU 2018

 

Merci à Eloise Girard pour la magnifique affiche !

Soutien à la ZAD !

L’expulsion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes a commencé ce lundi 9 avril.

 

L’après-midi se finit dans un bocage asphyxié par les gaz lacrymogènes après déjà de longues heures de résistance face à la destruction d’habitats et fermes de la zad. Au moins 9 lieux de vie collectifs ont péri, avec leurs divers habitats particuliers brisés, leurs ateliers en miettes, leurs jardins piétinés : planchettes, planchouette, lama fâché, noue non plu, youpiyoupi, jessie james, phare ouest, chèvrerie, 100 noms…

 

L’offensive du gouvernement contre la Zad vise à détruire la possibilité de vies alternatives.

 

Des manifestations sont prévus en région parisienne.

Tenez-vous informé sur Paris-Luttes.info.

 

Ne nous laissons pas faire ! La ZAD vivra !

 

Plus d’info :

 

En avril, protégeons la ZAD de NDDL !

Invitation sur la Zad début avril – Ils ne nous découvriront pas d’un fil !

 

Le gouvernement a annoncé après l’abandon du projet d’aéroport qu’il lancerait des opérations d’évacuation des lieux de vie de la zad de notre-dame-des landes à partir du 31 mars. Petit poisson d’avril ? Pas dit : la préfecture a confirmé encore récemment ces intentions belliqueuses. Le début du mois prochain pourrait donc être agité et d’emblée, nous entendons dans ces menaces un appel à nous rassembler.

 

L’ensemble du mouvement a affirmé qu’il s’opposerait à toute expulsion de celles et ceux qui ont su protéger ce bocage et souhaitent continuer à y vivre. Les appels à s’organiser pour des réactions immédiates dans la région et partout ailleurs sont plus que jamais d’actualité. Sur la zad, au moment où l’Etat cherche à tout casser, nous allons continuer à construire les structures collectives et habitats de ce territoire d’expérimentation et de luttes.

 

Nous invitons en ce sens à un premier temps fort fin mars début avril afin d’être nombreux.ses sur place et prêt.e.s à se mobiliser. Ce sera aussi l’occasion de prendre le temps de renouer des liens entre nous, avec les comités, avec d’autres luttes et de penser l’avenir.

 

Plus d’informations dans l’appel publié sur zad.nadir.org.

Le CSA d’Ivry menacé d’expulsion

Depuis fin mai 2017, une cinquantaine de personnes habitent au Vaydom, centre social autogéré à Ivry. La réquisition de ce bâtiment appartenant au Crédit Mutuel a permis de mettre à l’abri des familles, des précaires, des sans-papiers, tout en accueillant de multiples activités : cours de français, boxe collective, capoeira, récup-distrib, cinéma, réunions et débats politiques, info-kiosque militant, cantines populaires tous les dimanches…

 

Le 31 octobre dernier, le tribunal d’instance d’Ivry avait accordé aux habitants un délai d’un an, ce qui leur permettait de rester dans les lieux jusqu’à mars 2019. Ce délai permettait d’apporter une certaine stabilité pour tou·te·s les habitant·e·s en grande précarité et de les laisser souffler. Malheureusement, le propriétaire a fait appel de la décision et le délai a été drastiquement réduit. Les habitant·e·s et leurs enfants risquent désormais de se retrouver à la rue à la rentrée prochaine, en plein début d’année scolaire.

 

En attendant, le combat continue. N’hésitez pas à passer au Vaydom, notamment lors des cantines populaires tous les dimanches soir. C’est au 37 rue Marceau à Ivry-sur-Seine. Vous pouvez aussi les contacter par courriel : csa-ivry@riseup.net

 

Vous trouverez plus d’information dans cet article de Paris-Luttes.Info.

 

Vaydom

Armés de masses, de haches, de disqueuses et d’une pelleteuse, vingt personnes ont saccagé le squat de la Récré

Saccage de la Récré

En matière de squat comme dans d’autres cas en état de droit d’aucun n’est censé se faire justice soit même et encore moins d’en infliger les peines. Le 14 février au matin, vingt personnes ont cependant débarqué dans un squat installé depuis trois mois à Aubervilliers. Ils étaient armés de masses, haches, disqueuses et même d’une pelleteuse. Pendant que certains coupaient les cadenas laissant accès à la pelleteuse, d’autres ont sauté les murs d’enceintes et sont entrés de force dans le bâtiment. Ils ont attaqué les espaces d’habitation et d’ateliers et tout saccagé sur leur passage. Vous pouvez voir l’étendu des dégâts sur cette vidéo ou ces images. Ils sont revenus vendredi et ont arraché les fusibles alimentant le bâtiment en électricité.

 

Les assaillants ont frappé plusieurs personnes du lieu et ont proféré des menaces de mort.  Trois habitants ont dû aller à l’hôpital. Les attaquants se déclarent comme faisant parti du Five, un établissement voisin qui veut récupérer le bâtiment de la Récré pour étendre son activité de football en salle. Selon leurs dires, ils sont locataires du lieu, bien qu’ils n’aient apporté aucune preuve et qu’ils tenaient un discours différent lors des premières rencontres. En effet, ils n’en sont pas à leur première visite dans les locaux et savaient déjà depuis plus de deux mois que les habitants avaient élu domicile dans ce bâtiment. Ils auraient dû entamer une procédure d’expulsion par voie légale. Ils ont préféré se faire justice soi même. C’est inadmissible. Nul n’est censé ignoré la loi dit l’adage et il n’y a que le droit qui exerce la loi.

 

Un des gérants du Five a été le plus violent des agresseurs. Armé d’un merlin – une hache pour découper du bois – il a frappé à deux reprises un des habitants, dont une fois dans le dos. Les coups ont été donné heureusement depuis le côté masse du merlin, mais les séquelles auraient quand même pu être grave. Il a ensuite donné deux coups de poing à un autre habitant et l’a menacé de mort. Une plainte a été déposée contre lui et il a passé une journée en garde à vue. Espérons que ses actions ne restent pas impunies. EDIT : trois jours après, plusieurs personnes sont venues menacer un habitant, en lui disant qu’il y aurait des représailles s’il ne retirait pas sa plainte.

 

Lors du dépôt de plainte, un agent de police a signifié aux squatteurs que c’était normal, qu’il était à Aubervilliers ici. La ville serait-elle un no-man’s land ? Bien que des agents de police soient arrivés dans les dix minutes qui ont suivi la prise d’assaut du squat, ce qui a permis d’éviter le pire, ils ont conseillé aux squatteurs de plier bagages. Apeurés et intimidés, certains sont partis, tandis que d’autres dorment toujours sur place et craignent pour leur sécurité.  On se croirait dans un mauvais western, sauf que ce n’est pas une fiction et que c’est aujourd’hui plusieurs personnes qui se retrouvent à la rue.

 

Depuis toujours, les propriétaires ont eu recours à des formes d’intimidations, que ce soit par la force, l’argent, ou encore la justice. Or, les propriétaires sont dans l’obligation de suivre la procédure légale et ne peuvent utiliser de telles pratiques. Il est important qu’une décision judiciaire soit prise à l’encontre de la société Five et de son gérant, responsable de cette agression.

 

Le phénomène squat n’est pas nouveau à Aubervilliers. Il est impératif que la ville, les forces vives du milieu alternatif et les associations se mobilisent pour ne pas conforter les préjugés d’insécurité et de violence associés à Aubervilliers. Les installations de lieux culturels et associatifs est un véritable poumon pour la ville. En tant que lieux de vie, les squats sont de véritables laboratoires du vivre ensemble que les autorités ne peuvent pas ignorer.

 

Attaque de la Récré

Attaque de la Récré : besoin de monde en urgence

Attaque de la Récré

La Récré est un squat à Aubervilliers qui s’est fait attaquer ce mercredi 14 février.

 

Alors qu’ils sont sur place depuis trois mois, une vingtaine de personnes sont venu chez eux tout casser, avec batte de base ball, outils et même un engin de chantier. Ils ont frappé plusieurs personnes du lieu et ont proféré des menaces de mort.

 

Les attaquants font tous parti du Five, un établissement voisin qui veut récupérer le bâtiment de la Récré pour étendre son activité de terrain de football en salle. Plusieurs de ces personnes ont été identifiés par les habitants. Ils ont porté plainte auprès du commissariat, mais il y a peu de chance que cela aboutisse. Pourtant, ils ont des preuves vidéos des menaces.

 

Vous pouvez voir l’étendu des dégâts sur cette vidéo ou ces images.

 

Les intimidations ont malheureusement fonctionné et l’équipe de la Récré est en train de déménager. Ils n’ont pas envie que cela dégénère et qu’un d’entre eux ou un invité termine à l’hôpital, voir pire.

Mais ce n’est pas fini. Vendredi, les malfrats sont revenus et ont arraché les fusibles alimentant le bâtiment en électricité. Les habitants ont peur qu’ils en profitent pour venir les attaquer dans la nuit.

 

Ils ont besoin d’aide dès maintenant pour déménager leurs affaires. Si vous avez, n’hésitez pas à ramener une lampe torche ou frontale et des outils !

 

La Récré est au 46 rue des écoles à Aubervilliers.

La Maison Rose a besoin de vous !

La Maison Rose

Parce que trop d’adolescents sont abandonnés à la rue
Parce que les conditions d’accueil en France ne sont pas à la hauteur de la situation d’urgence
Parce que la majorité des refus de minorité sont infondés
Parce que les recours sont trop longs et sans assistance
Parce que leur quotidien est méconnu du grand public et qu’il faut médiatiser cette réalité indigne
Parce que nous devons prendre nos responsabilités humaines et citoyennes.

 

Chaque jour à Paris arrivent de jeunes exilés. Peu importe les raisons de leur départ, ils sont ici, seuls et désorientés.
Une équipe de parisiens sensibles à la cause des exilés a donc investi un lieu vacant depuis plusieurs années pour les héberger : la Maison Rose.

 

Vous souhaitez aider le projet ? L’équipe de la Maison Rose a besoin de tous ces petits et gros objets pour que la maison fonctionne :

  • Lits superposés
  • Oreillers 
  • Draps simples
  • Serviettes de bain
  • Denrées non périssables : Pâtes/Riz/Semoule
  • Huile/sucre/sel/thé noir
  • Congélateurs
  • Sèche linge
  • Bouilloires
  • Étendoirs à linge
  • Ordinateurs pour des cours d’informatique

Si vous préférez les aider financièrement, voici le lien vers la cagnotte Leetchi.

 

Vous pouvez contacter l’équipe de la Maison Rose via leur compte Facebook.

Merci à toutes et à tous pour votre soutien, sans vous le projet n’existerait pas!

Expulsion des habitantes du 17-21 rue Ernest Savart

Ne faites pas confiance aux proprios et aux autorités

Article paru le 11 décembre 2017 sur squat.net

 

Samedi 9 décembre 2017, en début d’après-midi, l’ouverture d’un nouveau squat a été rendue publique à Montreuil, au 17-21 rue Ernest Savart.

 

Ce squat, où s’étaient installées environ 25 femmes, dont la plupart sont des migrantes venant notamment de Côte-d’Ivoire qui avaient été expulsées début octobre du 30 rue Gambetta, à Montreuil [1], avait pour objectif d’être à la fois un lieu d’habitation et un lieu d’activités publiques ouvertes à toutes et tous.

 

Le tract reproduit ci-dessous explique plus en détails la démarche des squatteuses, et notamment le fait que le tribunal administratif a condamné la Ville de Montreuil à reloger les expulsées du 30 rue Gambetta. Mais la Ville ayant fait appel de la décision, celles-ci restaient sans logement, d’où cette nouvelle ouverture de squat…

 

Samedi 9 décembre, alors que la plupart des soutiens étaient à l’intérieur du bâtiment avec les squatteuses, la police n’a pas tardé à se pointer. Une première voiture de flics en uniforme, dont certains décident de passer par-dessus le portail pour tenter de pénétrer dans le bâtiment occupé. Mais celui-ci est suffisamment bien protégé pour empêcher cette intrusion malvenue. Quelques temps plus tard, ce sont deux représentant-es de l’UGECAM [2], organisme propriétaire du bâtiment, qui arrivent et s’étonnent de l’occupation de ce bâtiment, pourtant laissé à l’abandon depuis de longs mois, au moins depuis l’ouverture de nouveaux locaux, place du Général de Gaulle, à deux pas de là [3].

 

La directrice s’avère pourtant assez rapidement conciliante et envisage même un accord pour convention d’occupation, bail précaire ou autre. Entrée dans le bâtiment avec des squatteuses pour constater que celui-ci est en parfait état, elle déclare les yeux dans les yeux que pour elle « le cœur l’emporte sur la raison », qu’ayant l’habitude des situations de détresse dans son travail elle ne pourrait pas mettre à la rue des femmes sans logement, surtout par le froid qu’il fait en ce moment, et que les occupantes pouvaient avoir l’assurance de rester au moins jusqu’à la fin de l’hiver. Certaines des squatteuses en avaient les larmes aux yeux de bonheur.

 

Une bien belle histoire, un scénario suffisamment rare pour être signalé.

 

Mais malgré toute la sincérité qui peut transparaître dans les promesses lancées par les propriétaires, comme par les politicien-ne-s ou tout-e représentant-e d’institution, les promesses n’engagent que celles et ceux qui y croient.

 

Le capital immobilier et potentiellement financier que représente la propriété privée s’oppose de fait à l’accès libre au logement. Ce sont deux réalités qui s’affrontent.

 

Juste avant les 48 heures du constat d’occupation par les forces de l’ordre, en tout début d’après-midi ce lundi 11 décembre, c’est avec dégoût et colère que les occupantes du 17-21 rue Ernest Savart ont vu débouler les flics en nombre, pour expulser la bâtiment, suite à un « arrêté préfectoral ». Évidemment en l’absence de la directrice de l’UGECAM, qui a pourtant sa part de responsabilité dans cette décision de mettre à la rue 25 femmes deux jours après leur avoir promis qu’elles passeraient l’hiver au chaud dans ce même bâtiment.

 

Finalement, la « raison » l’a emporté sur le cœur.
Le portefeuille et l’ordre l’ont emporté sur l’entraide et la solidarité.

 

 

 

 

Notes:
[1] Plus d’infos sur Paris-Luttes.info et dans quelques articles du journal Le Parisien: « Montreuil : des femmes et des enfants à la rue depuis une semaine » (13 oct. 2017), « Montreuil : la mairie assignée en justice par des squatteurs » (25 oct. 2017), « Montreuil : la mairie condamnée à reloger les squatteurs de la rue Gambetta » (27 oct. 2017), « Montreuil : l’espoir d’un relogement s’éloigne pour les expulsés » (10 nov. 2017).
[2] Union pour la gestion des établissements des caisses d’assurance maladie, présentation historique de l’organisme ici.
[3] « L’UGECAM Ile-de-France inaugure son nouvel établissement : l’Espace Pédiatrique Alice Blum-Ribes » (14 mars 2017, sur le site de l’UGECAM Ile-de-France).

Un an ferme pour une tentative d’ouverture de squat !

Le mardi 24 octobre, plusieurs camarades ont tenté de rentrer dans une maison vide afin d’y élire leur domicile. La surveillance bourgeoise de la propriété privée ne cesse de se perfectionner et la maison était équipée d’un système d’alarme. Tous les camarades ont réussi à prendre la fuite sauf l’un d’eux qui, resté en arrière, s’est fait arrêter, et emprisonner…

 

Un soutien matériel, juridique, financier et moral est nécessaire à notre camarade. Un collectif s’est réuni et va proposer diverses initiatives (page facebook, lien) et des discussions avec ceux qui subissent la même violence répressive, de la police, de la justice, et de la prison.

 

Une cantine aura lieu le samedi 9 décembre à partir de 12 h à la cantine des Pyrénées (77 rue de la Mare dans le 20e arrondissement de Paris) pour récolter de l’argent pour les mandats et payer les avocats. À 14 h, le collectif se réunira pour décider des suites et en particulier des initiatives envisagées autour du procès en appel à venir.

 

Vous trouverez plus de détail sur cette sombre histoire ainsi que des moyens pour soutenir notre camarade emprisonné sur Paris-Luttes.info.

Squat’heure d’antenne a besoin de vous !

Squat'heure d'antenne

Salut à toi la squatteuse,

Salut à toi le squatteur,

 

Depuis 2 ans, une fois par mois (chaque 3e mercredi du mois, de 17h à 18h30 sur FM89.4 – Radio Libertaire), une petite équipe s’active à réaliser cette émission, invitant des squatteurs pour parler de leur quotidien, de leurs réussites, de leurs déboires, de leurs activités et tout et tout !

 

Mais depuis 2 ans, la petite équipe s’est réduite et s’est essoufflée. Il n’y a pas eu d’émission depuis septembre dernier et l’équipe est prête à rendre les clefs du local radio, si un nouveau souffle ne prend pas le relais !

Ce serait pourtant dommage qu’un créneau radio réservé à l’actualité des squats, des TAZ, des ZAD, cesse !

 

Aussi, si tu as toujours eu envie d’animer une émission de radio, de réaliser des reportages, de passer des disques, de faire de la régie son, c’est le bon moment pour nous rejoindre JEUDI 26 OCTOBRE à 19h à la Trockette (125 rue du Chemin Vert, Métro Père Lachaise) et apporter toutes tes idées et ton énergie à cette aventure qui mérite de perdurer.

 

En espérant que Squat’Heure d’Antenne retrouvera un second souffle grâce à vous, on vous espère motivé à venir tchatcher du futur de cette émission de radio !

Et il poussera demain, des squats comme des petits pains.

 

Salutations anarshowradiophoniques,
L’équipe !

L’été des expulsions continue, l’Attiéké en fait les frais

Aujourd’hui 17 août 2017, à 6h30 du matin, le centre social auto-organisé et habité de Saint-Denis, l’Attiéké, a été expulsé, à grand renfort de flics de tous poils, huissier, président et gestionnaire de la Fédération Française de Triathlon (propriétaire du bâtiment). Les habitant-e-s ont pu sortir sans arrestation et récupérer certaines affaires. Le reste est parti dans un garde meuble dans une autre ville de la région parisienne et sera vraisemblablement récupéré dans les jours à venir.

 

Les ancien-ne-s occupant-e-s du centre social Attiéké se réuniront ce soir à 19h au square de Geyter. Présence bienvenue et nécessaire pour gérer l’urgence. D’autres rendez-vous de soutien suivront.

 

De la tristesse, bien sûr, face à cette nouvelle qui tourne une page de quatre ans de luttes, d’occupations, de solidarité et d’amitiés, mais il reste encore tout un livre derrière à gribouiller ! Soyez prêt-e-s, « show must go on ! »

 

Publié le 17 août 2017 sur Paris-Luttes.info et Squat!net.

Expulsion des Baras à Bagnolet

Après l’expulsion ce matin du squat du collectif Baras à Bagnolet :

  • rassemblement jeudi 29 juin à 20h au métro Gallieni, sous le pont.
  • rassemblement ce vendredi soir 30 juin, à 19h, devant la mairie de Bagnolet (métro Gallieni). Besoin de monde pour faire pression et permettre aux membres du collectif d’intervenir au Conseil municipal.
  • manifestation, dimanche 2 juillet, à 14h, départ de la mairie des Lilas.

Le collectif a besoin de matos pour camper les prochains jours (matelas, couvertures, tentes) et possiblement de quoi cuisiner (réchauds, casseroles, …).

 

Cet article a été publié le 29 juin 2017 sur le blog de Jean-Jacques Birgé.

 

Ce matin les CRS ont expulsé les 200 travailleurs sans papiers du Collectif des Baras qui squattaient depuis 4 ans un bâtiment inoccupé de Bagnolet en attendant que les tractations aboutissent entre le nouveau propriétaire (Natixis lui avait vendu entre temps), la Mairie, les associations comme RESF et la Ligue des Droits de l’Homme et ceux que l’armée française a chassés de Libye suite à la guerre contre Khadafi. La plupart de ces Africains sont maliens, mais sept autres pays d’Afrique centrale sont représentés.

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Ils en ont lourd sur le cœur. Ils croyaient ce qu’on leur avait appris, que la France était la patrie des Droits de l’Homme, mais ils savent maintenant que la colonisation continue sous un autre visage. Sans papiers français, puisqu’ils ont ceux de leurs pays respectifs et même des papiers européens reconnus en Italie mais pas chez nous, ils sont exploités par des entrepreneurs peu scrupuleux qui les payent au noir largement en dessous du SMIC. Eux ne rêvent que d’une chose, qu’on leur donne ces papiers qui leur permettraient de travailler légalement, de louer un logement, de vivre comme nous en avons le loisir. On va les regretter dans le quartier. On n’a rarement eu de voisins aussi tranquilles et charmants !

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Je n’avais encore jamais vu un policier arborant une écharpe tricolore. On me dit que c’est la loi et qu’il représente le Commissariat des Lilas. Ils y étaient dès 6h30. Tony di Martino, Maire socialiste de Bagnolet, avait promis de nous prévenir dès qu’il serait averti de l’intervention. Il n’en a rien fait. Pourtant il le savait en amont, c’est la loi. Comme nous n’étions que deux au petit jour avec une jeune fille à jouer les témoins pour éviter des débordements des Robocops, je lui faisais remarquer que certains gradés avaient une tête de facho, ils m’ont menacé de garde-à-vue. Je ne les avais pas insultés directement, c’était une messe-basse. Ils répétaient comme des machines : « Vous ne connaissez pas mes origines ». C’est vrai, mais je sais ce qu’ils sont devenus. C’est triste de voir ces prolos endosser l’uniforme pour cogner sur les plus démunis.

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Un des Baras à qui ils refusaient de récupérer leurs affaires et les documents officiels dont ils ont cruellement besoin s’est énervé. Ils vont lui coller un rapport monstrueusement exagéré. Je les entendus en parler en se frottant les mains. Les Baras qui étaient à l’intérieur du bâtiment ont pris ce qu’on peut tirer avec deux mains, mais une dizaine des travailleurs de nuit qui rentraient n’ont rien eu le droit de récupérer. Les policiers leur avaient pourtant promis. Ils ont argué qu’il y avait eu violence et qu’il faudrait revenir dans les jours suivants avec huissier. En attendant les parpaings montent devant les vitres de l’ancienne Antenne Pôle Emploi désaffectée où ils logeaient tant bien que mal depuis 4 ans. Comme s’il n’y avait pas assez de SDF dans la rue, la police de Macron en a rajouté 200.

 

[Publié le 29 juin 2017 sur le blog de Jean-Jacques Birgé.]

Un lendemain électoral douloureux : le département de Seine-Saint-Denis expulse la crèche Berthier à Pantin

crecheUn lendemain électoral douloureux : le département de Seine Saint-Denis, à peine les bureaux de vote fermés, demande aux occupants de la crèche Berthier à Pantin de partir alors que les travaux ne sont pas programmés. Les mal-logés sont toujours plus nombreux, mais le bâtiment va rester vide, et pour longtemps.

 

La crèche Berthier à Pantin a été désaffectée en 2012. Bien que la fermeture de la crèche soit programmée de longue date, le bâtiment restera vide pendant près de quatre ans. Le chauffage est à fond et des fuites d’eau commencent à l’abîmer sérieusement. C’est dans cet état que les habitant-e-s de la Crèche le trouvent en mars 2016. Ils y emménagent, arrêtent sa dégradation et leur nombre monte vite à 15 personnes : étudiants, migrants, travailleurs sociaux et même une femme enceinte, tous et toutes précaires qui vivaient auparavant sur le canapé d’ami-e-s, dans des voitures et même pour certain-e-s dans la rue.

 

Depuis leur arrivée, la demande des habitant-e-s est simple : pouvoir rester dans les lieux jusqu’au début de travaux ou jusqu’à la vente du bâtiment, qui appartient au Département de la Seine Saint-Denis. Le propriétaire refuse en bloc tout négociation et assigne rapidement les habitant-e-s en justice. C’est ainsi que le 16 avril 2017, la Cour d’Appel de Paris décide de leur expulsion sans délai.

 

Les habitant-e-s bénéficient d’un court répit, car le Conseil départemental rechigne à procéder à des expulsions durant les élections. Mais ce répit ne sera que de courte durée. Les élections terminées, le Conseil départemental va pouvoir profiter de la pause estivale pour procéder à son lourd programme d’expulsion. Ainsi, le 19 juin 2017, soit le lendemain des élections, un huissier passe déposer les commandements de quitter les lieux. Les habitant-e-s ont jusqu’au 3 juillet pour s’en aller, l’expulsion par les forces de l’ordre étant déjà programmée. La mort dans l’âme et sans réel choix, les habitant-e-s acceptent de partir de « volontairement ».

 

Pourtant, rien n’obligeait le Conseil départemental a procéder à cette expulsion.

 

En effet, la vente du bâtiment n’est encore qu’un projet, d’autant plus que celui-ci est classé, et par ailleurs qu’il jouxte un centre médico-social, toujours en activité et appartenant au même ensemble immobilier. Si le déménagement de ce dernier est bien prévu, cela ne se fera qu’en 2019 au mieux, vers un nouveau lieu qui n’est pour l’instant encore qu’un terrain vague !

 

La visite d’ouvriers passé-e-s mesurer la taille des fenêtres et des portes il y a quelques jours semble indiquer que la crèche, une fois vide, sera murée. Ainsi, une fois l’expulsion effectuée, la crèche risque fortement de rester vacante pendant plusieurs années…

 

Oui, Le Conseil départemental aurait pu laisser des mal-logé-e-s habiter dans les lieux, ce qui permettait au passage d’entretenir le bâtiment sans frais.
Mais non, le Conseil départemental préfère y laisser du vide et dépenser l’argent du contribuable afin d’empêcher d’autres mal-logé-e-s de s’y installer.

 

Encore un exemple qui prouve qu’avec d’un peu de bon sens et de courage politique on peut remédier à des situation d’impasse social, mais cela semble malheureusement denrée rare ces jours-ci.
En attendant, les habitants et les habitantes de la crèche pourront retourner vivre dans la rue.

Centre social Attiéké : dernier round ?

Communiqué du 18 juin 2017

 

Le centre social Attiéké, auto-organisé et habité, sera expulsé d’ici au 27 juin, selon l’huissier du propriétaire et la préfecture du 93. Après presque quatre ans d’occupation du 31 bld Marcel Sembat à Saint-Denis, c’est la fin. Nous l’espérons bruyante.

 

Nous reprenons les piquets de veille matinaux à partir du mercredi 21 juin (pas le week-end) : RDV à 6h devant l’Attiéké. Café, thé, gâteaux et bonne humeur au programme.

 

Le jour de l’expulsion :

  • il faudra faire nombre pour éviter toute violence des forces de l’ordre, et que les habitant.e.s puissent récupérer toutes leurs affaires sans exception
  • après l’évacuation, point d’info au square De Geyter à 40 mètres de l’Attiéké
  • rassemblement à 18h devant la mairie de Saint-Denis

Nous exigeons :

  • la réquisition d’un bâtiment vide ou la mise à disposition gratuite d’un local confortable sur Saint-Denis
  • le relogement et la régularisation des habitant.e.s de l’Attiéké

Nous tiendrons les permanences d’entraide du centre social jusqu’au bout.

Nous sommes solidaires de la centaine d’habitant.e.s du 57-59 avenue Wilson (propriété de Plaine Commune) menacé.e.s d’évacuation depuis peu.

 

Et longue vie au jeune centre social autogéré du 37 rue Marceau à Ivry.

 

La dynamique de l’Attiéké renaîtra-t-elle de ses cendres ? Venez donc en parler sur les piquets.

 

La lutte continue !

Vive l’auto-organisation !

Que les occupations fleurissent !

Logement, papiers, liberté pour tou.te.s !

 

Le collectif de l’Attiéké

 

31 bld Marcel Sembat, St-Denis / 31marcelsembat@riseup.net / https://collectifattieke.wordpress.com

C’est la Semaine Sauvage !

Le Clos Sauvage prend de l’avance sur la réforme du code du travail et passe à la semaine de 9 jours. Organisée par toute l’équipe du Clos, dirigée par un chat avec un chapeau sur la tête, la semaine sauvage t’emmène sur les rivages pas sages du 9-3.

vendredi 16 juin

19h : Bête de foire ! – cabaret musical

samedi 17 juin

17h : « Opprimées » de la Compagnie Vent Debout – théâtre engagé

dimanche 18 juin

16h : Les après-midis nomades d’Abel – danse
20h : Des Impros et des Ailes – improvisation théâtrale

lundi 19 juin

18h : Soirée poésie musicale avec les dents – poésie musicale un peu trash

mardi 20 juin

20h : Scène ouverte sauvage – poésie, théâtre, danse, musique…

samedi 24 juin

19h : Espèce de bouffonnes – trio de clownes

dimanche 25 juin

16h : Journée en famille : ateliers et projection – film et atelier
21h : « Une proposition » de Juste avant la compagnie – théâtre

 

Scene ouverte sauvage

Le 13ème FOU, c’est déjà fini !

Avec 75 événements répartis sur 27 lieux dont 19 squats,

La 13ème édition du FOU a été un grand succès !

Comme on a tous adoré, on devrait repartir sur un rythme de deux festivals par an.

La prochaine édition devrait ainsi avoir lieu à l’automne.

 

En attendant, la lutte continue et les squats franciliens regorgent d’activités.

Des événements sont postés quotidiennement sur le présent site ainsi que sur radar.

La plupart des lieux ne publiant pas leur événements sur ce site en dehors du FOU, le mieux est donc de suivre l’actualité de chaque lieu via leurs moyens de diffusion favoris (site, réseaux sociaux, lettre d’information, affichage) ou tout simplement de s’y rendre régulièrement !